Lis le conte que Lu adore
Blanche-Neige
Le vœu d’une reine, un miroir magique et une fillette qui trouve un foyer dans une chaumière auprès de sept petits amis : l’un des contes les plus anciens jamais recueillis par les frères Grimm.
Il y a bien longtemps, une reine brodait près d’une fenêtre ouverte en plein hiver, et tandis que la neige tombait, elle se piqua le doigt, laissant tomber trois gouttes de sang sur la neige. Frappée par la façon dont le rouge ressortait sur le blanc, elle souhaita avoir une fille à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme le bois de la fenêtre. Son vœu fut exaucé, et la fillette fut appelée Blanche-Neige, bien que la reine ne vécut pas assez longtemps pour la voir grandir.
Le roi se remaria, et la nouvelle reine était belle mais vaniteuse, et possédait un miroir qui répondait toujours avec sincérité à chaque question. Chaque matin, elle lui demandait qui était la plus belle du royaume, et chaque matin le miroir prononçait son nom, jusqu’au jour où Blanche-Neige eut sept ans et où la réponse changea. Incapable de le supporter, la reine fit venir un chasseur et lui ordonna d’emmener la fillette dans la forêt et de ne jamais la laisser revenir.
La pitié du chasseur
Le chasseur conduisit Blanche-Neige au plus profond de la forêt, mais au moment venu, il ne put se résoudre à faire ce que la reine lui avait demandé. Il lui dit de courir et de ne jamais retourner au château, et pour satisfaire la reine, il rapporta à la place le cœur d’un jeune cerf, la laissant croire que l’affreuse tâche avait été accomplie.
Blanche-Neige courut jusqu’à ce que la forêt s’assombrisse, et elle finit par tomber sur une petite chaumière, propre mais vide, avec sept petits lits à l’intérieur. Trop fatiguée pour aller plus loin, elle goûta un peu de chacune des sept assiettes posées sur la table et s’endormit sur trois lits rapprochés. Quand les sept nains qui y vivaient rentrèrent des montagnes, ils la trouvèrent endormie et, touchés par son histoire une fois qu’elle se réveilla et la leur raconta, acceptèrent qu’elle reste tenir la maison pendant qu’ils travailleraient à la mine le jour.
La vieille femme à la porte
De retour au château, la reine interrogea de nouveau son miroir et apprit que Blanche-Neige était bien vivante dans une chaumière au-delà des sept collines. Déguisée en vieille marchande ambulante, elle s’y rendit et lui offrit par la fenêtre une belle pomme, rouge d’un côté et pâle de l’autre, gardant pour elle la moitié empoisonnée et mangeant la moitié inoffensive pour prouver qu’il n’y avait aucun danger.
Blanche-Neige, qu’on avait pourtant prévenue de ne laisser entrer personne mais qui ne pensait pas qu’une vieille femme si aimable puisse lui faire du mal, croqua dans la pomme et sombra aussitôt dans un sommeil si profond qu’il ressemblait à la mort. Quand les nains rentrèrent et ne parvinrent pas à la réveiller, ils pleurèrent et ne purent se résoudre à l’enterrer, alors ils la placèrent dans un cercueil de verre dans une clairière, où ils pouvaient continuer à veiller sur elle.
Le réveil dans la clairière
Les saisons passèrent, et un jeune prince traversant la forêt à cheval découvrit le cercueil de verre et la jeune fille qui s’y trouvait, qui semblait simplement endormie. Il demanda aux nains si le cercueil pouvait être transporté jusqu’à son château, afin qu’elle reçoive enfin l’hommage qu’elle méritait, et ils acceptèrent. Comme ses hommes le soulevaient au-dessus d’une branche tombée, le cercueil eut un soubresaut, et le morceau de pomme empoisonnée resté dans la gorge de Blanche-Neige se détacha. Elle ouvrit les yeux.
Elle retourna d’abord à la petite chaumière pour remercier les sept nains qui l’avaient gardée en sécurité, avant de partir vers le château pour commencer une nouvelle vie. Quant à la reine, elle ne fut plus jamais la bienvenue dans ce royaume, et Blanche-Neige disait souvent qu’un foyer n’a pas besoin d’être un château, seulement des gens qui sont bons avec toi sans aucune raison de l’être.
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Berceuse de Souabe
Fais jouer cette mélodie doucement pendant que tu lis Blanche-Neige à voix haute : une berceuse traditionnelle jouée en direct, venue de Souabe, dans le sud de l’Allemagne.
Plus de contes, plus de berceuses
Ce conte fait partie d’une collection grandissante d’histoires traditionnelles venues du monde entier, chacune associée, quand cela est possible, à une véritable berceuse de la même culture.
