Tobia Lisez le conte que Tobia adore

Un conte populaire de Norvège

Le Mari qui Devait Garder la Maison

Un fermier convaincu que les tâches ménagères sont faciles a exactement un jour pour le prouver, et apprend, heure après heure, à quel point il se trompait.

Un parent et un enfant qui lisent ensemble
Une note sur cette histoire. Cette histoire est tirée des Contes Populaires Norvégiens, un recueil rassemblé par Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe au XIXe siècle, s’appuyant sur des récits transmis dans les campagnes norvégiennes pendant des générations avant cela.

Il était une fois un fermier convaincu que sa femme ne faisait jamais rien correctement à la maison. Chaque soir, il rentrait des champs avec une nouvelle plainte : le beurre n’était pas bien baratté, la vache n’avait pas été traite à temps, le dîner était encore en retard.

Un soir, après encore un discours grognon, sa femme en eut enfin assez. « Si tu penses que c’est si facile, » dit-elle, « alors demain, c’est toi qui restes à la maison pour t’occuper des tâches, et moi je sortirai faucher le champ à ta place. Voyons voir comment TOI tu t’en sors. »

Le fermier, plutôt sûr de pouvoir le faire sans aucun problème, accepta aussitôt.

Un matin plein d’assurance

Le lendemain matin, sa femme prit la faux et se dirigea vers le champ, et le fermier s’attela à sa nouvelle liste de tâches : baratter le beurre, traire la vache, brasser la bière et surveiller le bébé ; rien qui, selon lui, ne demandait beaucoup de savoir-faire.

Il décida de commencer par la bière. Mais à mi-chemin de la préparation, il se souvint que la vache devait encore être traite et, pensant pouvoir faire deux choses à la fois, il descendit le seau de lait à la cave, juste à côté du tonneau de bière dont il avait oublié de fermer le robinet.

Une catastrophe après l’autre

Le temps qu’il s’en aperçoive, la bière avait déjà inondé le sol de la cave. Il se précipita pour réparer les dégâts, oubliant complètement la vache, qui s’était éloignée sans surveillance pendant ce temps, grimpant sur le toit de la maison : un toit qui, comme dans de nombreuses vieilles fermes norvégiennes à toit de tourbe, était couvert d’herbe, exactement le genre de chose à laquelle une vache affamée ne peut résister.

Inquiet que la vache ne tombe, le fermier lui attacha une corde autour du corps et fit descendre l’autre extrémité par la cheminée, comptant la tenir fermement depuis l’intérieur. Mais juste à ce moment-là, le bébé se mit à pleurer pour du lait, et le fermier, partagé entre la corde et le bébé, attacha la corde à sa propre jambe pour avoir les mains libres, et se tourna vers le pot de bouillie sur le feu.

À cet instant précis, la vache glissa sur le toit. Elle ne tomba pas de haut, mais son poids sur la corde suffit largement à hisser le fermier lui-même, par la jambe, jusque dans la cheminée, où il resta coincé, incapable de faire quoi que ce soit, tandis qu’en dessous de lui, la bouillie brûlait jusqu’à noircir.

Ce que sa femme trouva

Quand sa femme rentra à la maison ce soir-là, elle trouva son mari suspendu dans la cheminée par une jambe, la cave inondée de bière, la bouillie ruinée et le bébé toujours affamé. Elle l’aida à descendre sans un mot de triomphe : elle n’en avait pas besoin. À partir de ce jour, le fermier ne se plaignit plus jamais de la façon dont sa femme passait ses journées.

🎧 La berceuse de ce soir
Berceuse des Îles Lofoten video

Berceuse des Îles Lofoten

Faites jouer cette mélodie doucement pendant que vous lisez cette histoire à voix haute : une berceuse traditionnelle jouée en direct, des Îles Lofoten, en Norvège.

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Ceci est l’un des contes d’une collection grandissante d’histoires traditionnelles du monde entier, chacune associée, quand c’est possible, à une véritable berceuse de la même culture.